Autour du monde
Vie à bord
Carnet de voyage destination Porquerolles en Bali 4.2
Nous sommes une bande de trois couples d’amis, la trentaine, cet été nous avons décidé de partir ensemble et de faire une croisière en bateau. J’avais déjà fait des croisières sur un catamaran avec mes parents et sur un monocoque avec d’autres amis. Pour ce séjour nous avons décidé de partir en France sur un Bali.
Mardi 23 août 2022
Nous arrivons depuis la gare de Toulon par la « voie du Bali » au Port Pin Rolland. Nous sommes chaleureusement accueillis par Christian et Loïc notre skipper.
Nous embarquons à bord du Bali 4.2, nous ouvrons la porte arrière et nous découvrons le grand espace de vie. Nous n’aurions pas imaginé que la fusion de l’espace « cockpit arrière et carré » procure autant d’espace de vie. C’est bluffant ! Le carré est aussi traversant grâce à la porte avant. Ce qui est très agréable pour circuler (passer de l’arrière à l’avant par l’intérieur).
Nous nous sentons à l’aise dans tous les espaces - le grand carré, y compris la cuisine aérée ; les coques offrent également un grand volume bien agréable dans les cabines. La cabine propriétaire est spacieuse. Nous avons beaucoup de rangements et même une penderie, une table à cartes et un canapé. La salle de bains est aussi également grande il y a 2 lavabos et il n’y a jamais besoin de se plier pour accéder aux différents endroits (pour les plus grands). Les deux autres cabines sont tout aussi confortables, le lit est rectangulaire et le plafond est haut, on a beaucoup plus de place que sur les bateaux sur lesquels j’étais déjà allée. Chaque cabine a ses sanitaires
et la douche est commune au milieu. La cabine du skipper se situe dans une des pointes avant.
Nous allons récupérer le drive pour les repas de la semaine, nous nous installons et nous dînons au restaurant de la plage où les derniers nous rejoignent vers 22 heures. Nous passons notre première nuit à bord, au port. Nous partirons le lendemain matin. Je ne m’attendais pas à des couchettes aussi confortables, nous sommes comme dans des lits d’hôtel 4*.
Mercredi 24 août
Ça y est, nous larguons les amarres et nous partons du Port Pin Rolland en direction de Porquerolles. La météo est avec nous et la semaine s’annonce très bien. Loïc notre skipper nous donne notre première leçon de voile. Objectif : être indépendants d’ici la fin de la semaine !
Dans la journée nous nous arrêtons à côté de la pointe Sainte-Marguerite, nous gonflons les paddles, sortons palmes masques, tubas et c’est parti pour un tour. Les plus téméraires vont dans la grotte à la nage, la traversent et ressortent de l’autre côté.
Nous repartons en navigation et prenons rapidement place sur le fly où il y a un maxi transat à côté du poste de barre, qui nous permet de profiter de l’air doux, de la vue à 360 degrés, du soleil ou de l’ombre sous la bôme et la grand-voile.
C’est finalement l’endroit où nous nous retrouverons le plus souvent, nous y prenons aussi l’apéritif pour profiter des couchers de soleil.
Après déjeuner nous partons au large, nous avons envie d’aventure. Premier entraînement pour hisser la grandvoile. Nous nous installons confortablement à côté de la barre et nous nous laissons bercer par les vagues et l’air doux.
En début de soirée nous arrivons dans la crique des gorges du loup à Porquerolles et nous prenons l’apéritif dans le carré du haut, on profite de notre premier coucher de soleil en mer !
Jeudi 25 août
Ce matin Loïc organise une course inspirée par la Porquerolles’ cup. Nous devrons faire le tour de l’îlote à côté de laquelle nous sommes au mouillage, deux par deux en paddle et revenir au bateau. Les premiers gagneront un tour de vaisselle. Les favoris gagnent la course mais les autres ne sont pas loin derrière.
Après la course nous partons au large et essayons le wake skate derrière le bateau. Les filles arrivent à sortir, en suivant un cap ou un autre on prend plus ou moins de vagues dans les jambes. Ce midi nous cuisinons à la plancha, la mer ça creuse !
Le soir, nous nous arrêtons à la plage de Notre Dame au nord de Porquerolles.
Vendredi 26 août
Nous partons à la découverte de Porquerolles. Nous descendons l’annexe du bateau pour la première fois et nous nous rendons sur l’île. Nous traversons l’île et arrivons sur la place principale avec l’église. Nous avons l’impression d’être au bout du monde. Nous déjeunons à
l’ombre des arbres.
Après le déjeuner, il nous tarde de retourner au bateau. Comme les autres jours, nous partons au large. Le bruit de l’eau et du vent et la vue de l’horizon nous font rêver. On se dit qu’un jour on la fera, cette traversée jusqu’en Corse ! Chacun trouve sa place, les joueurs d’échecs dans le carré à l’abri du vent, les amateurs de bronzage à l’avant sur les bains de soleil, le pêcheur à l’arrière, les lecteurs dans le
maxi transat du fly. Les bains de soleil sont très agréables, la journée comme le soir et je ne regrette pas le trampoline comme sur le catamaran sur lequel j’étais déjà partie !
Ce soir-là nous dormons dans la calanque du Nertassier à Port Cros où nous sommes seuls. En effet, la petite houle pourrait être désagréable au mouillage pour un monocoque. Le catamaran reste plat grâce à ses deux coques. Il nous permet d’aller dans des mouillages moins protégés, moins fréquentés, plus calmes et plus sauvages, ce que finalement je préfère.
Samedi 27 août
Le matin, après un café sur le paddle, nous visitons la Calanque Longue. Sur le bateau, chacun prend son tour de cuisine ou vaisselle
naturellement. Nous avons prévu les courses et nous mangeons principalement des salades le midi et des pâtes le soir. La cuisine est grande et très aérée, ce qui est très agréable pour cuisiner.
Après déjeuner nous repartons au large et nous arrivons par hasard dans un banc de dauphins. Il y en a partout, ils doivent être plusieurs dizaines ! On se retrouve comme des enfants, on s’approche d’eux pour qu’ils viennent jouer avec le bateau.
Cette nuit nous décidons de passer la nuit en mer. Nous apprenons à lire les lumières de navigation des bateaux la nuit avec Loïc. Chacun aura son quart par groupe de deux. Premier entraînement pour une traversée plus longue. La nuit est calme. Nous voyons quelques lumières de bateaux au début de la nuit et nous croisons un ferry. Ce n’est pas facile de voir s’il avance plus ou moins vite que nous quand
on le voit de loin. Ça mérite de réveiller Loïc notre skipper. Finalement nous le croisons loin.
Il y a quelque chose de magique quand on se retrouve la nuit en mer. Aucune pollution lumineuse, nous profitons de la vue des étoiles et de la voie lactée. Qu’est-ce qu’on se sent vivants sur le bateau les cheveux au vent !
Dimanche 28 août
Nous avons fait demi-tour pendant la nuit et nous arrivons au large de l’île du Levant vers quatre heures du matin. Le lever de soleil après la nuit en mer est très beau. En nous approchant des côtes on retrouve plus d’activité sur la mer, on rencontre de plus en plus de bateaux. On se dit qu’un jour on verra le lever de soleil seul au milieu de la mer et on pourra prolonger le rêve de la déconnexion totale.
Nous nous arrêtons dans une crique où nous sommes seuls encore une fois, à l’ouest de la plage de l’Estagnol, dans laquelle nous nous baignons. Loïc et notre pêcheur sauvent une mouette qui était prise dans un fil de pêche. Nous lui donnons aussi une petite part de notre déjeuner : salade de riz avec du thon et de l’œuf, elle dévore tout. On la voit reprendre ses esprits doucement et retrouver de l’énergie.
Nous repartons naviguer, nous passons devant le fort de Brégançon, puis nous arrivons à Port Cros. Au mouillage nous sommes à côté d’un autre Bali et on se dit bonjour de loin, ils prennent l’apéritif dans le fly, ce soir-là nous prenons l’apéritif sur les bains de soleil à l’avant.
Port Cros est sauvage et la nature est préservée. Nous posons le pied à terre à nouveau et nous dînons dans un restaurant très sympa, nous passons la soirée à refaire notre voyage jusqu’à présent, parler des dauphins, de la prochaine traversée.
Lundi 29 août
Ce matin nous partons de Port Cros pour aller à l’ilot de la Gabinière. A l’arrivée au mouillage nous faisons un exercice de respiration. Cet exercice prend une autre dimension quand on le fait sur le bateau, au calme, avec le bruit de l’eau qui clapote sur la coque. Puis nous nous baignons, nous déjeunons et nous repartons au large !
Nous faisons des pointes à huit nœuds et des petits surfs à dix nœuds avec des vents de quinze nœuds toutes voiles dehors. Nous adorons nous sentir glisser sur l’eau !
Nous ne rentrons pas trop tard pour aller dans un très beau mouillage (spot secret de Loïc !). A l’arrivée au mouillage nous mettons les masques pour vérifier que le bateau est loin des récifs. C’est bon, on est prêts pour l’apéritif !
Mardi 30 août
Au réveil, on remarque que les oiseaux tournent en rond au-dessus de l’eau au large de l’île. Nos pêcheurs s’y rendent aussi vite que possible en annexe.
Après la dernière tentative de pêche de la semaine, bredouilles, nous repartons au large !
Nous passons la dernière nuit au mouillage à la presqu’île de Giens.
Mercredi 31 août (dernier jour)
Dernier réveil à bord du Bali qu’on a apprivoisé. C’est drôle, à la fois on a l’impression que c’est passé vite et à la fois qu’on a toujours été à bord.
Aujourd’hui c’est l’examen final pour être en autonomie sans Loïc. Nous le passons avec brio, Loïc est vraiment un bon professeur. À l’arrivée au Port il reprend les commandes. Nous nous quittons après avoir plié bagages et fait un brin de ménage, la tête pleine de belles images et de beaux souvenirs. On se sent léger, les problèmes du quotidien de chacun se sont envolés en mer. Vivement la prochaine aventure sur un Bali !
La prochaine fois on part pour une traversée, c’est sûr !
Finalement nous aurons passé beaucoup de temps à naviguer. Le Bali est très agréable pour passer la journée au mouillage et profiter de la beauté des criques, c’est également un bateau très marin qui permet de naviguer une journée entière. Nous en aurons bien profité avec une belle météo, même allant nulle part et faisant demi-tour pour rentrer au mouillage le soir.